06 octobre 2007

Un euro, c'est pas cher !

Mercredi dernier, il faisait beau dans ma tête, et aussi dans Paris.

Déjà titulaire d'un vélo pliant dont je suis très amoureux

(On est en selle depuis 3 ans tout de même !)

Je décidai de tromper ma monture favorite avec un aguichant Vélib

qui me faisait des appels de phare,  rue de la Grange aux Belles.

"- Tu montes chéri ?"

Séduit par ses formes généreuses et son allure sobre et chic sous ses couleurs ivoire,

je succombais à ses avances.

En plus Vélib n'accepte QUE la carte de crédit,

Ça tombe bien pour moi, qui suis, comme notre défunt Président Mitterrand, toujours à jouer à cache - cash avec mon flouze !

Bon, je m’inscris pour une journée à un euro...

Un euro, c'est pas cher !

Comparé au prix d'une bonne paire de chaussures, ou d'un ticket de métro, ou d'un café servi (debout!) au bar tabac du coin, avec sourire du serveur pas toujours inclus...

Surtout si on a l'arrogance de quémander un verre d'eau, et de laisser des pourboires en pièces jaunes !

« - eh dis donc toi, tu m’prend pour la Mère Chirac ! »

Euh non, j’aurai plutôt penché pour David Douillet….

Bon, j’insère ma carte de crédit dans la borne,

je sélectionne l’option à un euro, parce qu’un euro, c’est pas cher…

Oups, on m’informe qu’une caution de 150 euros sera prélevée sur mon compte en cas de non restitution du Vélib.

C’est bon, j’vous l’rendrai votre Vélib ! Je compte pas me pacser avec !

La machine me crache un ticket d'abonné, et j'enfourche mon amant à pédales !

Bon, au début, il a un peu hésité à se dégager de sa borne, faut prendre le coup, jouer des reins, bref faut la mater, mais en douceur la p'tite reine !

Bien calé sur une selle XXL parfaitement adapté à mon large fessier,

je pédale avec majesté dans les rues de notre belle Capitale.

Mes mains sur les cornes d'aurochs qui tiennent lieu de guidon,

je joue du carillon cristallin et des 3 vitesses proposées,

et je plonge dans les flots d'automobiles qui s'écartent devant Moi et mon Vélib,

tels les flots de la mer rouge devant Moïse et son bâton d'berger !

Je suis ivre d'une joie comparable à celle éprouvée lors de ma toute première fois...

que j'ai vue Jeanne MAS chez Drucker !

C'est là que j'ai compris que les années 80 seraient synonymes de grands bouleversements mondiaux !

(À commencer par la disparition de Karen Sheryll et autres consoeurs de nos petits écrans)

Et pourtant je n’avais pas encore tout lu Paco Rabane!

Quelques tours de roues m'amènent aux abords de la Mairie de Paris dans le 4ème arrondissement,

C'est beau le Marais...

J'enfile toute la rue principale du quartier Gay, d'un seul trait !

Quelle santé on a,  moi et mon Vélib !

Et puis, je caracole gentiment sur mon Vélo, parvis de l'Hôtel de Ville,

pour remercier notre bon Maire Bertrand Delanoë, sans qui Vélib n'existerait pas... dans Paris.

Ravis, Il  se montre à la fenêtre, tel un Pape républicain,  et m'encourage d'un sonore et viril:

- "Va z'y... pédales !"

Merci, de même !

J'adore Dalida moi aussi !

J'aurai bien conversé davantage avec notre Elu, mais l'heure tourne !

Et je n'oublie pas que,  seule la première demi - heure est gratuite !

Bien sur, la suivante ne coûte qu'un euro,

Un euro, c’est pas cher, certes, mais un sou, c'est un sou !

Ça c'est mon coté...auvergnat,

J'aime pas gaspiller!

Et avec ces 1 euros que j'économise en changeant de Vélib chaque demi -heures, je vais pouvoir m'acheter...l'intégrale en DVD de Sainte Dalida !

J'enfourche donc un second Vélib quartier des  Halles, et me prépare à 30 nouvelles minutes d'extases...

"Sur ma selle, je suis bien, je suis bien et je chante..."

Hélas, une soudaine averse me contraint à me précipiter sur une borne...

"Quand vient la fin de l'été en Vélib,il faut t'alors se quitter..."

Mais mon Vélib, lui, n’est pas d'accord !

J'ai beau l'enclencher à son attache, comme indiqué sur l'écran, il regimbe !

Soudain, je vois rouge !

Je veux dire, je vois le voyant qui devrait être vert puisque j'ai bien restitué ma monture, passer au rouge,  et se mettre à couiner comme un lapinou qui sent venir le fameux coup auquel il donnera son nom plus tard, quand il sera plus là pour profiter de sa célébrité puisque posthume !

Non, c’est pas un gros mot posthume !

Je tente de persuader Vélib que :

« C’est mieux comme ça, que de toute façon, je suis déjà maqué  avec un vélo pliant et il peut être super violent ...mais bon, je t'oublierai jamais, Vélib number 13… »

Hélas, tous mes efforts sont vains !

Il couine, il couine, et cela finit par ameuter les passants.

Une foule menaçante m'entoure :

- Monstre, vous n'avez pas honte, faire pleurer un Vélib, et le droit à la différence alors !"

Une petite vieille armée d’un chien empaillé, ah non, il aboie encore,  glapit :

- En plus, il est passé au rouge et y téléphonait au portable, j’ai failli mourir !

Calmez vous ! Calmez vous !

J'appelle les urgences…

Je compose illico sur mon portable, tout en maintenant la foule à distance, le numéro inscrit sur le guidon de mon Vélib.

Je tombe sur une charmante voix informatique qui m'ordonne de taper 1 ou 2 ou 3 ou 4 pour accéder à une solution.

Je navigue de touche en touche.

J'ai l'impression de faire un loto !

Ah ben, non j'peux plus !

Les fameux 1 euros économisés en changeant de Vélib chaque demi – heure,

J’l’ai largement réinvesti dans le temps d'attente au portable avant d'accéder à une charmante standardiste :

-         ah non M’ssieur, moi, j’suis un garçon, mais ya pas d’mâle !

N'ayant pas la solution, et après m'avoir fait répéter 15 fois (mais très gentiment)

mon numéro de Vélib, puis le numéro d'abonné, puis le numéro de la borne informatique, puis mon numéro de Vélib…again !

J'ai fini par lui demander s’il  était un disque lui aussi ?

Ça l’a fait rire :

" Nan, j'suis une vraie blonde! Qu’est cequ’on s’marre au standard !

Ah, j'vous passe ma collègue qui revient de sa pause - déjeuner"

Cette fille-  là avait mis son cerveau !

Et en plus elle a la voix de Bardot (jeune !)

En quelque seconde, elle m'indique la position de retrait idéale du Vélib :

« Debout Monsieur, bien calé sur vos arpionts, une jambe de chaque coté de Vélib,

puis, présenter la gâche etl’introduire d’une ruade finale.

Rassurez vous, c’est sans douleur pour le Vélib ! »

Cette fois, ça marche ! Euréka !

Je remercie la Bande à Bardot de m'avoir aidé à manger mon forfait 6 heures :

« - Parce que tout seul, dès fois, j’ai du mal ! »

Et je fais face à la foule, toujours hostile qui m'entoure :

-"Calmez vous, calmez vous ! Je peux tout vous expliquer..."

Ignorant le bug informatique dont je suis victime, ils plaident coupable

Sentence

Lapidation à la savate Eram et Bata !  Beurk !

Je disperse ce gang d’opposants piétonniers à coup de Teaser,

Ah non ! C’est une petite pompe à vélo que j'ai toujours sur moi !

Finalement, la pompe, ça a quand même un effet dissuasif !

Je pensais que c'était inutile en Vélib puisque qu'on peut en changer comme de chemises,

Sans elle j'aurai pu crever ce jour là!

Et puis,

Finir lapidé par des chaussures, oui mais alors que ça soit de la pompe de star !

J’sais pas moi, de la pompe de luxe, Deneuve…Louboutin ou rien !

Avec ce fameux, un euros,  que j’économise en changeant de Vélib chaque demi – heure…

Un euro, c’est pas cher !

mais entre celui qui l’a et celui qui l’a plus, y en a un qui est plus riche que l’autre !

Avec Vélib, je positive !

Eh ben, avec toutes ces 1 euros mis bout à bout, j’vais pouvoir bientôt m’la payer la paire de Louboutin !

J’en ai justement repéré une très jolie en vitrine chez Dior, rue Royale…

Je savais pas que Ségolène avait déjà une rue à son nom ?

Normalement, c’est un hommage posthume…

On aurait dû l’appeler PS la rue !

Nan, c’est pas un gros mot posthume !

Regarde dans le dictionnaire !

Tout de même ! qu’est ce qu’on en apprend des choses en Vélib !

Et pis, pour un euro, on se sent vraiment libre !

1 euro, c’est pas cher, même si la liberté ça n’a pas d’prix !

Alors oui au Vélib !

Vé’Liberté, j’écris ton nom !

Posté par JFIFI à 14:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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